Le bleu, le vert et une promesse : une collection et des vêtements de travail pour Rhodia
Quarante ans de travail
1985 - 2026
compagniecc and coParis XVIIIe
Port-en-Bessin
Style et collections · Rhodia, chimie de spécialités · 1998 - 2000
Le bleu, le vert et une promesse : une collection et des vêtements de travail pour Rhodia

En 1998, à la demande de Dragon Rouge, agence de design, CC and Co dessine pour Rhodia, groupe de chimie de spécialités, une collection d’objets en deux lignes, la bleue du travail et la verte de la vie, remise le 17 décembre 1998. Suit, jusqu’en janvier 2000, une collection de vêtements de travail pour le laboratoire, la production et l’accueil. Le logotype bleu et vert et la signature « le meilleur reste à venir » sont ceux de Rhodia ; la commande passe par Dragon Rouge ; les objets, les dessins et le cahier des charges sont de CC and Co.
Une chimie peu visible
Le document « univers de marque / territoire de style » du dossier énumère les métiers du groupe : chimie organique fine, spécialités pour produits de consommation, spécialités industrielles, polyamide, services. Il pose un problème, une « faible émergence de marque ». La production est « concrète mais peu tangible pour les consommateurs ». Ses applications sont « inscrites dans la vie quotidienne », mais la chimie reste abstraite, une transformation de la matière qui appartient encore « un peu à l’univers de l’alchimiste ».
La collection doit parler à trois publics : les transformateurs, clients directs de la chimie, les distributeurs, et le grand public et les scolaires, par les produits signés et les visites de sites.

Qui a fait quoi
CC and Co ne travaille pas ici en direct. La commande vient de Dragon Rouge, agence de design, qui lui confie à la même époque des territoires de style et des collections pour Vittel et pour Barclay. Les listes de références de CC and Co rangent d’ailleurs sous le nom de Dragon Rouge Vittel, les « laboratoires rhodia » et Barclay. Le dossier garde des planches de Dragon Rouge, scannées, intitulées « Équilibre », « Énergie » et « Optimisation », et des badges importés de ses fichiers.
Le logotype bleu et vert, et la signature, appartiennent à Rhodia. CC and Co conçoit à partir d’eux : la collection d’objets, ses planches, les dessins des vêtements et leur descriptif de fabrication. En février 1999, la présentation de CC and Co jointe au contrat des Composables Jacquelin cite déjà « Rhodia Chimie de spécialités collection publi-promotionnelle ».
le meilleur reste à venir
Le bleu, le vert
Le document lit d’abord les deux couleurs du logotype. Le bleu est une « couleur immatérielle légère et froide », qui évoque « l’exactitude, la pureté, la vérité ». Le vert est une « couleur humaine, médiatrice, rafraîchissante », celle de l’espérance et du renouveau, « et … l’écologie ! ».
La signature est prise au mot : « tout à la fois signature et promesse ». La collection l’écrit en toutes lettres sur les tee-shirts et les foulards.

Ligne bleue, ligne verte
Trois champs visuels sont retenus : la connaissance, l’écrit « des hiéroglyphes à l’ordinateur » ; l’humain, la volonté et le dépassement ; l’univers, « l’exploit de la découverte dans une vision satellitaire ». Un concept les réunit, la VERTU, qui tient ensemble l’éthique, l’exigence et la performance.
La collection se partage en deux lignes. La ligne bleue, « l’univers du travail », de l’intelligence et de l’efficience. La ligne verte, « l’univers de la vie », du bien-être et de la convivialité. La Terre vue du ciel habille une montre, un réveil, un parapluie, un tapis de souris.



Du réveil aux disques d’ambiance
La liste des thèmes produits est longue. Le temps, « ligne 2000 » : horloge, montre, réveil de bureau. Les outils de travail : organisateur, calculatrice convertisseur pour l’euro, pointeur laser, tapis de souris en trois versions. La papeterie, les accessoires automobiles, les vêtements, trois tee-shirts, trois foulards, une parka, un sac marin, un parapluie de golf. Le bien-être, le séminaire, et jusqu’aux livres et aux disques d’ambiance, « Microcosmos », « Oiseaux des jardins ».
Sept planches en décembre 1998
Le rapport définitif est remis le 17 décembre 1998 : sept grandes planches montées sous QuarkXPress, dans deux couleurs nommées « bleu rhodia » et « vert rhodia ». Chaque objet y est un scan retouché puis « marqué » du logotype, et classé dans l’une des quatre familles, Bureau, Technique, Bien-être et Sport-swear.
Pour chercher les accords, l’atelier superpose aussi les objets en calques de couleur, sur une parka, un sac, une tasse ou un parapluie.


Quatre publics à habiller
Vient ensuite la collection de vêtements de travail, rendue en janvier 2000. Le « descriptif forme et graphisme » distingue quatre publics. Pour le laboratoire, une blouse femme longue à col rond, une blouse homme à col de veste de ville, un pantalon unisexe. Pour les centres de production, un blouson, un pantalon, une combinaison et un gilet de froid. Une surchemise pour des usages divers. Pour l’accueil, veste, jupe et pantalon bleu marine, une chemise en trois couleurs, une cravate et un foulard au motif « pipette ».

Points, brassard et pastille
Chaque pièce porte les mêmes signes : une « ligne de points horizontaux » sur la poitrine ou au bas de la jambe, une « étiquette ronde thermocollée, identité », un « brassard bicolore, logo Rhodia » cousu sur la manche gauche, une manche droite de couleur, des boutons-pression de couleur.
Le blouson couvre les fesses, ferme ses grandes poches à soufflet par scratch et pression, et porte un anneau radio en métal sur l’épaule. Les couleurs sont fixées : Pantone 331 C et Blue reflex, puis Pantone 372 C, Blue reflex et Pantone 178 C pour les piqûres.

Poche à valeur ajoutée pouvant contenir portables, stylos
Du crayon à l’imprimé
Le dossier montre la fabrication du travail. Les silhouettes sont dessinées au crayon, mises au net au trait, puis colorisées en deux gammes, bleue et verte. Des pages de magazines servent de références dans des cahiers d’images « concept » : vestes zippées, cols, manches, transparences.
Les imprimés de 1999 partent de dessins de molécules, de bulles et de réseaux. Le rapport compte une page de présentation, huit pages par gamme, une page pour l’accueil, une planche des codes de couleur et un cahier des charges des accessoires.

Des prototypes portés
Les vêtements ont été réalisés en prototypes et photographiés portés : du blouson jaune et bleu à la blouse blanche de laboratoire, avec le brassard et la ligne de points bien visibles. CC and Co reprend ensuite ces photographies dans ses propres pages de présentation, sous deux intitulés, « Rhodia VIP / Grand Public » et « Rhodia Vêtements de travail », avec trois missions : cahiers de tendances, définition des collections, cahier des charges de production.

Trois Rhodia
Le nom revient trois fois dans le travail de Catherine Clemenceau, pour trois clients distincts. Rhodia papetier, d’abord, pour qui elle dessine des collections de papeterie au temps de Métaphores & Réalités. Rhodia chimie de spécialités ensuite, celui de cette page, en collections sous CC and Co. Enfin « Rhodia Aventis », client de signalétique : le siège d’Aventis, quai de la Rapée, à Paris XIIe.
Avec qui
- Collection, dessins, cahier des chargesCatherine Clemenceau, CC and Co
- CommanditaireDragon Rouge, agence de design
- Client finalRhodia, chimie de spécialités ; logotype et signature de Rhodia
Projets voisins
- Totems et directionnels pour un siège quai de la RapéeAventis, l’autre Rhodia, en signalétique
- ALHO, du catalogue au stand d’IntermatUne autre collection d’objets publi-promotionnels
- Pierres & Territoires de FranceUn signe porté jusqu’aux objets
