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Les voiles de Brest

Quarante ans de travail
1985 – 2026

Paris 18e
Port-en-Bessin

Ville, territoire et tourisme · Brest métropole océane · 1998 – 2009

Une ville racontée sur des voiles, en français, en anglais et en breton

Communauté urbaine de Brest, puis Brest métropole océane · 1998 – 2009 · schéma directeur, design de mobilier, charte graphique, signalétique d’interprétation trilingue

Brest, les voiles alignées aux abords d'Océanopolis.
Brest, les voiles alignées aux abords d’Océanopolis.

Pendant onze ans, CC and Co a accompagné la signalétique touristique de Brest et des communes voisines, du premier relevé des panneaux jusqu’à la trentaine de voiles de la ville présentées en 2009. Chaque site y est signalé par une voile inversée sur un mât d’inox, avec une image-signe et un texte en trois langues. Le breton n’y est pas relégué en bas du panneau : il vient juste sous le titre français, à égalité avec l’anglais.

Le dossier commence en 1998. À l’issue d’un comité de pilotage en mai 1998, CC and Co engage une étude des coûts de la signalétique touristique de la Communauté urbaine : compter les panneaux à la main, les reporter sur plans, relever les mentions directionnelles, dessiner les deux premières voiles « in situ ». Autour, un schéma directeur qui prend en compte, selon ses propres termes, « l’ensemble des processus de signalisation existants ou nécessaires » : jalonnement routier et touristique, relais informations services, points d’information in situ, plaques nominatives. À l’automne 1998, les premiers fichiers portent déjà sur les pôles d’intérêt de Brest et de Plougastel. Ce travail est mené en collaboration avec Gilbert Weil, architecte DPLG urbaniste.

En 1999 naît la ligne de mobilier. Le concept repose sur « 2 idées principales : l’une identitaire : exprimer un univers de style évoquant les racines maritimes ; l’autre utilitaire : concevoir un mécano simple et pratique ». Avec cinq pièces de base, mât, hauban, voilure et tangon, vitrine, on compose jusqu’à quatre objets différents, du plan de quartier à la plaque murale. Des maquettes en volume au 1/10e, en Plexiglas, PVC peint et tube d’aluminium, sont présentées à la Communauté urbaine en novembre 1999.

La charte graphique est proposée en septembre 1999 et le dossier est daté de novembre 2001. Elle repose sur deux couleurs : un bleu-vert « pour évoquer la proximité de l’Océan » et un rouge-orangé « très vif, pour égayer la mise en page et attirer l’œil à la manière d’un code signalétique ». Les illustrations s’inspirent des affiches touristiques bretonnes anciennes, en aplats sans contour. Le texte est en Frutiger, et une lettrine en Omnia, caractère oncial, doit « rappeler discrètement que l’on est en pays de culture Celte ». Chaque site reçoit une image-signe, pour favoriser « l’intériorisation de la ville, de son passé et de sa beauté ».

Les trois langues ont chacune leur couleur, pour que « chaque catégorie de lecteur » puisse se reconnaître dans la sienne. Lors d’une réunion de février 2002, à laquelle assiste l’historien Alain Boulaire, la Communauté urbaine approuve le principe de la charte, fait permuter les couleurs de l’anglais et du breton, et ajoute la tour Tanguy au parcours. Sur les panneaux posés, le breton s’imprime en italique juste sous le titre français : « Recouvrance au fil des siècles », Rekouraṅs a-hed ar c’hantvedoù ; « Mer et Marins », Mor ha martoloded.

Le quartier de Recouvrance sert de premier terrain. Un relevé d’implantation, présenté à l’Architecte des Bâtiments de France en janvier 2003, donne pour chaque emplacement un plan de repérage, une photo, le texte prévu et la consigne de pose : relais informations services au pont de Recouvrance, voiles de la tour Tanguy et de la place de la Porte, petites voiles murales de la Maison de la Fontaine ou de l’église Saint-Sauveur, « clous » de balisage le long du parcours. Au printemps 2003, CC and Co est retenue pour adapter et suivre la maquette. Les traductions bretonnes sont confiées à l’Office de la langue bretonne, à Carhaix. Ce sont, écrit Catherine Clemenceau, les premières expériences graphiques de CC and Co en langue bretonne.

En septembre 2003, un prototype de relais informations services, fabriqué par Boscher, est monté dans le hall de la Communauté urbaine. Catherine Clemenceau et Gilbert Weil l’examinent avec le bureau de contrôle, point par point : le diamètre du mât, les fixations, le socle, mais aussi le schéma du pont, le texte de la tour Tanguy et le blason.

La première tranche est posée à l’été 2004. À Recouvrance : le relais du pont, la double voile de la place de la Recouvrance, la voile de la rue Saint-Malo et les petites voiles murales. À Plougastel : le calvaire, l’église et une voile par chapelle, Fontaine Blanche, Saint-Jean, Saint-Adrien, Saint-Claude, Saint-Languis, Saint-Trémeur, Sainte-Christine, plus l’ossuaire. Au Conservatoire botanique du Stang-Alar : un relais et quatre voiles. Sur le parvis d’Océanopolis : cinq voiles recto-verso, « Brest, cœur de ville », « Mer et Marins », « Presqu’île de Plougastel », « Phares et Forts », « Le Stang-Alar », posées dans l’ordre du cheminement des visiteurs. Catherine Clemenceau suit la fabrication jusque dans l’atelier de Boscher, à Couëron, en juillet 2004, et les voiles posées sont photographiées en octobre.

La deuxième tranche, en 2005 et 2006, s’étend aux communes de la métropole : Guipavas, Guilers, Bohars, Le Relecq-Kerhuon, Plouzané, et à Brest un relais devant le château, avec le musée national de la Marine, l’Académie de marine et la Préfecture maritime. Les textes viennent du Pays touristique, du musée ou d’Alain Boulaire. CC and Co choisit et traite les visuels, compose, fait traduire, oriente chaque plan « dans le sens de vision des lecteurs », et présente les implantations en photomontages. CC and Co dessine aussi les clous directionnels de Recouvrance, en tôle d’acier métallisée et peinte. La charte est remise à jour en janvier 2006, et les bons à tirer partent en fabrication en avril 2006.

La troisième campagne, préparée de 2007 à 2008, porte sur Brest même, en trois familles : les fortifications, avec Montbarey, Questel et Quéliverzan ; l’espace maritime, de Sainte-Anne du Portzic au cours Dajot et aux ports ; les années 50, de la gare à la place de la Liberté, la rue de Siam, les fontaines de Marta Pan et l’église Saint-Louis. Les textes sont d’Alain Boulaire, et chaque voile porte la mention « Conception CC and Co ». Place de la Liberté, un relais raconte « La place de la Liberté au fil des siècles » et, sur son autre face, « Le centre-ville au fil des rues ».

En février 2009, la nouvelle signalétique est présentée à Brest. « Le Télégramme » titre « Toutes voiles dehors ! » et compte « 30 panneaux informatifs sur la ville et son histoire », qui « complètent l’autre trentaine d’installations » des communes de la métropole. Le journal relève que trois de ces points d’information reprennent des plans de la ville « judicieusement orientées en fonction de l’axe de lecture ». La voile est devenue un signe de la ville.

Les pièces

Recouvrance, le relais informations services du pont : voile de la tour Tanguy et plan « Recouvrance au fil des rues ».
Recouvrance, le relais informations services du pont : voile de la tour Tanguy et plan « Recouvrance au fil des rues ».
« Recouvrance au fil des siècles », Rekouraṅs a-hed ar c'hantvedoù : le titre dans les trois langues.
« Recouvrance au fil des siècles », Rekouraṅs a-hed ar c’hantvedoù : le titre dans les trois langues.
Double voile, porte du Conquet et place de la Recouvrance.
Double voile, porte du Conquet et place de la Recouvrance.
Petite voile murale, la Maison de la Fontaine et la fontaine Lunven, Recouvrance.
Petite voile murale, la Maison de la Fontaine et la fontaine Lunven, Recouvrance.
Plougastel, la voile de la chapelle Saint-Trémeur.
Plougastel, la voile de la chapelle Saint-Trémeur.
« Le Conservatoire Botanique National de Brest », Mirva Louzawouriezh Broadel Brest, au Stang-Alar.
« Le Conservatoire Botanique National de Brest », Mirva Louzawouriezh Broadel Brest, au Stang-Alar.
Voiles du Stang-Alar en fabrication, dans l'atelier de Couëron, 2004.
Voiles du Stang-Alar en fabrication, dans l’atelier de Couëron, 2004.
Parvis d'Océanopolis, les cinq voiles recto-verso sur le chemin des visiteurs.
Parvis d’Océanopolis, les cinq voiles recto-verso sur le chemin des visiteurs.
« Phares et Forts », Touriou-tan ha kreñvoù, voile du parvis d'Océanopolis.
« Phares et Forts », Touriou-tan ha kreñvoù, voile du parvis d’Océanopolis.

Avec qui

  • Conception, coordination et suivi de fabricationCatherine Clemenceau, CC and Co
  • Architecture, schéma directeur, mise au point du mobilieren collaboration avec Gilbert Weil, architecte DPLG urbaniste
  • Exécution graphique, 2005 – 2006Nicolas Ferrier
  • CorrectionMonique Loiseau
  • Textes historiquesAlain Boulaire, historien
  • Traductions en bretonOffice de la langue bretonne, Carhaix
  • Traductions en anglaisAccès Services, Guipavas
  • Fabrication et poseBoscher, Couëron

Projets voisins

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CC and Co, Catherine Clemenceau et compagnie© CC and Co