Strabon
Quarante ans de travail
1985 – 2026
compagniecc and coParis 18e
Port-en-Bessin
Identité et marques · Mondéca, programme Strabon · 2005
La Méditerranée en planches, une ligne graphique pour le programme Strabon

Strabon est un programme européen qui veut mettre en ligne le patrimoine culturel et touristique de la Méditerranée. Au printemps 2005, pour le département tourisme de Mondéca, CC and Co en préfigure la ligne éditoriale et graphique : dix-huit planches conceptuelles, des écrans pour Rabat-Salé, le Cilento et Chefchaouen, un portrait chinois et une promenade cartographiée depuis le phare de Rabat.
Un géographe pour nom
Strabon est un programme de coopération euro-méditerranéen de l’initiative EUMEDIS, financé par la Commission européenne, qui court de mars 2002 à mai 2005. Coordonné par la Fondation Maison des sciences de l’homme de Paris, il réunit dix-neuf partenaires de douze pays autour de la Méditerranée. Son but : un « système d’information multilingue et multimédia pour le patrimoine culturel et le tourisme euro-méditerranéens ». Il porte le nom du géographe grec, « un voyageur respectueux des lieux par lesquels il passe ». Sa brochure cite Fernand Braudel : l’eau méditerranéenne, c’est « union, transport, échange, rapprochement ».

union, transport, échange, rapprochement
Préfigurer une ligne éditoriale
Au sein du consortium, un groupe de travail est consacré au tourisme et à la « production de services touristiques ». Mondéca, par son département tourisme, y prend part. C’est pour ce département que CC and Co intervient en mars et avril 2005, sur une mission précise : la « préfiguration de la ligne éditoriale » de Strabon, c’est-à-dire l’univers graphique des contenus touristiques. La plateforme elle-même, son portail et sa chaîne de production, relèvent des partenaires techniques du consortium. CC and Co en dessine l’image, les écrans et les codes stylistiques.

Dix-huit planches conceptuelles
L’indice 1, remis en mars 2005, porte un titre qui résume la démarche : « Élaboration de planches conceptuelles définissant les univers de styles graphiques et codes stylistiques ». Dix-huit planches, chacune avec son nom : Portulan, Immersion, Vision satellite, Focus, Diffuser, Émergences, Terres méditerranéennes, Focus couleurs, Focus culturel, Peuples colorés, Lingua franca, Flux d’échanges. La carte de la Méditerranée y est tour à tour tracée au trait, noircie, hachurée, éclatée en rayons, colorée pays par pays, traversée de jets de couleur.




Le texte devient matière
Le texte devient matière. Dans plusieurs planches, la définition même du programme, « système d’information multilingue et multimédia pour le patrimoine culturel et touristique euro-méditerranéen », est composée en nappes, étirée, superposée, jusqu’à dessiner la côte. Des mots s’en détachent : Transmission, Communication, Partage, Fertilisation, Expériences, Spiritualité, Mémoire, Histoires, Découvertes. Une planche aligne un vocabulaire du voyage, « aventure, réflexion, culture, complexité, identité », jusqu’aux sens, « couleur, saveur, odeur, son, contact ».

Huit univers retenus
Quelques jours plus tard, l’indice 2, « Script, base conceptuelle retenue », fait le tri. Huit univers restent en lice : Portulan, Immersion, Vision satellite, Focus, Terres méditerranéennes, Focus couleurs, Peuples colorés et Focus culturel. Les recherches de cette période montrent une gamme de couleurs posée sur les pays du pourtour, un « orgue de couleurs » où chaque bande porte un mot, détente, écoute, plaisir, découverte, rencontre, et des circuits qui relient les rives.


Une gamme par site
Fin mars 2005, l’indice 3 passe à la « production des visuels ». Les storyboards s’enchaînent de mars à avril. L’introduction montre la Méditerranée en mosaïque bleue dans un globe de lumière, entourée de vignettes de patrimoine, puis une grille de carrés de couleur. Chaque site a ensuite sa gamme : l’orange pour Rabat-Salé, le vert pour le Parc national du Cilento, en Italie, partenaire du consortium, le bleu pour Chefchaouen. Une frise d’objets, pierre, céramique, oiseau, arbre, sert de menu en haut de l’écran.



Si Rabat-Salé était
L’indice 4, en avril 2005, décline les visuels en trois modèles : l’image générique, le portrait chinois et la promenade. Les écrans de Rabat-Salé et de Chefchaouen prennent des onglets, « Rabat-Salé vu par… », « Portrait Strabon », « Quartier libre », « Incontournables », « Pratique ». Le portrait chinois pose une question, « Si Rabat-Salé était… », et y répond par un animal, un personnage, un matériau, un métier, un film ou un livre. Les textes arrivent en avril : pour Rabat, la cigogne, le sultan almohade Ya’coub al-Mansour, le peintre Mekki Palamino, le passeur du Bou Regreg.

Une promenade en carte de poche
La promenade est une proposition de Mondéca au comité scientifique : « La promenade : une pratique millénaire en Méditerranée », des jardins de Perse à la passeggiata italienne et au paseo espagnol. CC and Co en dessine la page. La « Promenade curieuse » part du phare de Rabat, en trois versions, « aérienne, cool, seul », en famille ou sportive. L’auteur des cartes réagit à la première maquette en avril 2005. La page « Promenade » du site Strabon était faite pour que le visiteur l’imprime lui-même sur une simple feuille A4, puis la plie pour l’emporter dans sa poche, comme un petit plan de promenade. D’où ses deux demandes : un cadre à onglet pour la légende, et une consigne de pliage imprimée sur la feuille.

Des modèles en logiciel libre
Strabon défend les « logiciels libres ». Dernière étape, les modèles de la promenade et du portrait chinois sont donc transposés sous OpenOffice, en avril 2005 ; l’essai est vérifié sur deux repères, le titre calé à gauche et le cercle superposé à celui de l’image de fond. Au total, la mission compte dix-huit planches conceptuelles, vingt-cinq visuels de ligne éditoriale, les visuels de Rabat-Salé et de Chefchaouen, et trois modèles, introduction générique, portrait chinois et promenade, présentés à chaque étape en diaporama. La livraison est faite en avril 2005.
Cette mission rejoint une idée que CC and Co formulait dès mars 1997, dans sa « Philosophie générale » présentée au CAUE : tout visiteur, du voisin au touriste, est potentiellement un de ces « consommateurs d’authenticité », et concevoir une communication oblige à « donner du sens » avant tout. Pour Strabon, cela passe par la carte, la couleur et les mots, plus que par la photographie touristique.




consommateurs d’authenticité
Avec qui
- Préfiguration de la ligne éditoriale et graphiqueCatherine Clemenceau, CC and Co
- CommanditaireMondéca, département tourisme, pour le groupe de travail tourisme du programme
- ProgrammeStrabon, coordonné par la Fondation Maison des sciences de l’homme, initiative EUMEDIS de la Commission européenne
Projets voisins
- Le canal enchanteurUn autre récit de territoire pour les voyageurs
- Ville, territoire et tourismeLes autres travaux de CC and Co sur le tourisme et les lieux
- Un seul signe pour un pôle de recherche et ses centresUne autre identité de la même année, pour le monde de la recherche
