SAPRR
Quarante ans de travail
1985 – 2026
compagniecc and coParis 18e
Port-en-Bessin
Ville, territoire et tourisme · SAPRR · 1996 – 1997
L’autoroute comme un territoire : imaginaire, aires de repos et petits édifices

Au milieu des années 1990, Gilbert Weil invite Catherine Clemenceau à le rejoindre sur l’autoroute A5, qu’il équipe pour la Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône. CC and Co y mène une étude sur l’imaginaire et la symbolique de l’espace autoroutier, puis travaille aux typologies des aires, aux univers de design, à la signalétique et au mobilier de sécurité et de confort.
Invitée sur l’autoroute
Au milieu des années 1990, c’est Gilbert Weil qui invite Catherine Clemenceau à travailler avec lui sur l’autoroute A5. Associé de l’équipe DVW (Damery, Vetter, Weil), il conçoit alors pour la Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (SAPRR) les équipements de l’A5, entre Melun-Sénart et Troyes. CC and Co le rejoint, en collaboration avec Gilbert Weil, architecte DPLG urbaniste, sur un terrain nouveau pour elle : l’espace autoroutier, ses aires, ses objets et ses signes. Dans ses propres références, Gilbert Weil date de 1996 la mission « S.A.P.R.R. A 5 Paris – Troyes : Centres d’entretien, sanitaires et aires paysagers », avec la mention « Mission avec CC and Co ».
La revue du CAUE de Seine-et-Marne raconte le cadre de ce chantier. Lauréate en 1990 de la consultation organisée par la SAPRR, l’équipe DVW a été retenue pour « tous les équipements techniques » de l’A5 : centres d’entretien, logements de fonction, aires de repos, mobilier, plantations et aménagements paysagers. Seules les barrières de péage et les stations-service font l’objet de consultations à part. L’autoroute traverse trois départements, la Seine-et-Marne, l’Yonne et l’Aube. Avec le paysagiste Jacques Simon, DVW reçoit deux Rubans d’argent, pour l’A5 et pour les aires de Gravon et des Rasets. L’article ne cite pas CC and Co, arrivée ensuite sur la mission.

une architecture qui évoque la vitesse et s’accorde avec le regard furtif de l’automobiliste
Bolidisme, nomadisme, symbolique
La part de CC and Co commence par une étude, « Imaginaire et symbolique de l’espace autoroutier ». Elle se poursuit par des « Typologies d’aménagement des aires de services et de repos », puis par la « Définition des univers de design, expression directe des usages ». Dès octobre 1997, les deux premiers intitulés figurent dans les références de CC and Co, avec la mention « En association avec Gilbert Weil (DVW) – Architecte D.P.L.G. ». Le même titre sert, pour le Port autonome de Paris, à une étude sœur : « Imaginaire et symbolique de l’espace portuaire fluvial ».
Cette étude prend la forme d’un Berceau de Style, un concept développé par Catherine Clemenceau : une étude qui analyse les valeurs intrinsèques, sociales ou historiques d’un site ou d’un territoire et les transpose dans une vision contemporaine, pour en conserver l’âme tout en la faisant vivre au présent. Les planches du Berceau de Style de l’A5 portent des titres qui résument la démarche : La membrane, Bolidisme, Nomadisme, Symbolique, Art, Lumière. On y voit des carrosseries profilées et des caravanes chromées, des huttes de branchages, des cônes rouges lumineux, des balises dans la nuit. La planche Lumière décline trois idées : « La Théâtralisation = mise en scène de l’espace », « Le Balisage = lecture des lisières », « Le Surlignement = perspectives linéaires ». Le bolidisme est aussi le mot de Gilbert Weil, qui dit avoir cherché pour les centres d’entretien « une architecture qui évoque la vitesse et s’accorde avec le regard furtif de l’automobiliste ».







Des tours pour repères
Sur l’aire elle-même, le principe est la simplicité. « Les conducteurs qui s’engagent sur une aire de repos doivent comprendre spontanément son fonctionnement et pouvoir s’orienter facilement », explique Gilbert Weil. D’où un plan très simple : un rond-point à l’entrée qui sépare les voitures et les poids lourds, un second à la sortie qui permet le demi-tour. Les aires s’ouvrent sur le paysage, comme l’aire nord de Gravon, en terrasse sur la vallée de la Seine. Côté plantations, on laisse les talus se recoloniser, et des arbres isolés marquent le passage des routes secondaires, comme autrefois le croisement des chemins ruraux.
Dans ce paysage ouvert, les petits bâtiments servent de repères. Les photographies du fonds montrent des tours blanches tronconiques, ajourées en couronne, posées au milieu d’un mobilier rouge, et leurs variantes rouges, que les fichiers appellent « pots à feu ». Pour les sanitaires, Gilbert Weil résume trois contraintes : « la propreté (symbolisée par la céramique blanche), la ventilation (petits percements réguliers au faîte de l’édifice) et la lumière (éclairage zénithal) ». Les références de CC and Co de 2012 nomment cette étape la définition des univers de design, « expression directe des usages ».


Les conducteurs qui s’engagent sur une aire de repos doivent comprendre spontanément son fonctionnement et pouvoir s’orienter facilement
Mobilier de sécurité et de confort
La planche de présentation que CC and Co consacre à l’A5, entre Melun-Sénart et Troyes, regroupe deux missions : « Signalétique fonctionnelle » et « Mobilier de sécurité et de confort », avec la mention « G. Weil – architecte ». On y retrouve la cabine de sécurité incendie bleue, avec ses extincteurs sous un auvent de verre courbe, l’abri à carburants vitré dessiné sur le même principe, et le local technique bleu cerclé d’anneaux d’inox. La revue du CAUE 77 publie ce local sous la légende « Locaux techniques de gestion du trafic ». En mars 2004, la plaquette de références de CC and Co cite encore ce « Mobilier de sécurité et de confort ».




Des pictogrammes point par point
La signalétique fonctionnelle passe par la tôle perforée. Sur des panneaux rouges, les silhouettes d’homme et de femme des sanitaires sont dessinées point par point, et la lumière passe à travers les trous. Le même procédé habille une corbeille cylindrique en inox, percée de petites maisons. La revue du CAUE 77 montre cette corbeille sur l’aire des Jonchets et note que ces « petits édifices (locaux de gestion du trafic, sanitaires et poubelles en tôle perforée) entièrement redessinés jalonnent le parcours et renforcent l’identité de l’itinéraire ». Sa couverture montre l’enveloppe d’un local sanitaire, « une certaine idée du pictogramme ».





une certaine idée du pictogramme
Une collaboration qui se poursuit
Ces travaux autoroutiers restent longtemps dans les références de CC and Co : l’offre pour Brest en 1997, la plaquette de 2004, le dossier de candidature au CAUE 77 de mars 2008, les références de 2012. Les références de Gilbert Weil citent encore, en 1998, le centre d’entretien de Caussade sur l’A20 entre Cahors et Montauban, pour les Autoroutes du Sud de la France, « avec CC and Co ». Surtout, l’autoroute ouvre une collaboration qui se poursuit ailleurs : à Mitry-Mory, pour le groupe scolaire Van Gogh et le parc de La Villette aux Aulnes, c’est cette fois Catherine Clemenceau qui porte le dossier, Gilbert Weil étant architecte associé.
Avec qui
- Direction de la mission, études et designCatherine Clemenceau, CC and Co
- Architecture, maîtrise d’œuvre des équipementsen collaboration avec Gilbert Weil, architecte DPLG urbaniste (DVW, Damery, Vetter, Weil)
- Paysage de l’A5Jacques Simon, paysagiste, avec DVW
- Maîtres d’ouvrageSociété des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (A5)
Projets voisins
- Un « i » jaune sur l’A20Le relais information service, concours gagné par CC and Co
- La vraie nature d’un parc d’activitésL’autre grand chantier mené avec Gilbert Weil
- Les voiles de BrestD’autres relais information service, dessinés pour une ville
- Le cœur de ville en chantierSignalétique de chantier et mobilier pour un centre-ville
